Affaire Bétharram : François Bayrou auditionné ce mercredi devant la commission d’enquête de l’Assemblée

Le Premier ministre répondra à un duo improbable de rapporteurs : Paul Vannier cadre de La France insoumise contempteur de la macronie réputé « coriace », et Violette Spillebout députée Renaissance sévère envers LFI, qui rendront leurs conclusions fin juin, après avoir entendu témoins, victimes et anciens ministres.

François Bayrou, qui a déjà surmonté un budget en dépit de plusieurs motions de censure, a plongé dans les sondages en raison notamment de ce scandale qui lui colle à la peau depuis trois mois. Ses proches soulignent qu’il n’est pas l’objet de la commission d’enquête qui porte sur « les modalités du contrôle par l’État et de la prévention des violences dans les établissements scolaires ».

« Si c’est pour faire un procès politique du Premier ministre, ça ne servira à rien », prévient le député MoDem Erwan Balanant, pour qui « le vrai sujet » est le silence qui a entouré ces violences à Bétharram, dont les révélations ont libéré la parole dans d’autres institutions.

« Il ne faut pas se défausser de la responsabilité collective », affirme Marc Fesneau, chef de file des députés MoDem. Un cadre du RN condamne, lui, « l’instrumentalisation du drame (…) à des fins politiciennes ».

Le chef du gouvernement espère, lui, que l’attention se portera davantage sur les victimes, en faveur desquelles il pourrait annoncer des mesures.

Dénégations

Quand il est interrogé pour la première fois par le député Vannier après des révélations de Mediapart, François Bayrou assure n’avoir « jamais été informé de quoi que ce soit ». Il multiplie ensuite les dénégations, pourtant contredit par un ancien juge, un ex-gendarme et une professeure à la retraite, comme par sa fille aînée Hélène.

François Bayrou va-t-il concéder qu’il s’est trompé ? « S’il commence à dire oui je savais un peu, il est mort. Soit il ne savait pas, c’est la vérité. Soit il savait, et là, c’est autre chose », estime une ministre.

Peu dans son camp imaginent pourtant une censure contre lui sur cette affaire. « Le mensonge en politique ça ne passe pas, mais c’est balancé par la vraie détresse du Premier ministre quand il a appris les violences contre sa fille » Hélène ou rencontré des victimes à Pau, estime une autre ministre.

Même s’« il y a cette question du juge Mirande » que le chef du gouvernement a finalement admis avoir rencontré quand il enquêtait en 1998 sur un viol impliquant un religieux de Bétharram, le père Carricart. François Bayrou a « menti » parce que « ça le gênait dans son ascension politique », s’est emporté lundi le père d’une victime.

Les écologistes l’accusent eux de « parjure » et réclament sa démission. Un élu socialiste pense qu’il est « cramé politiquement » par cette affaire.


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