Mike Waltz avait été considéré lors de sa nomination comme l’un des rares responsables expérimentés à intégrer le petit cercle de conseillers de Trump responsables de la sécurité nationale américaine. Sa carrière militaire d’officier dans les Bérets verts, puis comme élu au Congrès, où il avait défendu des positions traditionnelles au Parti républicain, l’avait rendu suspect auprès de l’aile néo-isolationniste de l’Administration Trump, qui le soupçonnait de ne pas être entièrement acquis aux nouveaux préceptes Maga en matière de politique étrangère.
Waltz a perdu la confiance de Trump lors de l’affaire du « Signalgate », quand il avait par mégarde invité un journaliste dans le groupe Signal qu’il avait créé pour discuter des frappes américaines contre les houthistes au Yémen. Ce premier scandale de la nouvelle Administration avait révélé un certain amateurisme des principaux responsables de la sécurité américaine, qui s’envoyaient des émoticônes pour commenter une opération militaire. Le secrétaire à la Défense, Pete Hegseth, avait été notamment critiqué pour avoir communiqué sur une messagerie civile des informations sur les bombardements.
Mais plus que par la violation du secret-défense, Trump avait été surtout furieux de découvrir que son conseiller à la sécurité nationale possédait dans ses contacts le numéro de téléphone de Jeffrey Goldberg, rédacteur en chef du magazine The Atlantic, journaliste envers lequel président américain nourrit une vindicte particulière.
Disgrâce de Waltz
Les explications embarrassées de Waltz, qui avait affirmé ne pas connaître Goldberg, et suggéré que son numéro avait pu être « aspiré » involontairement dans sa liste de contacts de son téléphone, n’avaient pas convaincu. Et surtout pas le président, qui requiert avant tout la loyauté absolue de ses proches collaborateurs.
Trump avait dans un premier temps maintenu Waltz à son poste. Mais surtout pour éviter d’apparaître comme cédant à la pression médiatique en le limogeant. Lors de son premier mandat, Trump avait démis de ses fonctions au bout d’un mois son premier conseiller à la sécurité nationale, l’ancien général Mike Flynn, après que celui-ci avait menti au vice-président Mike Pence sur ses contacts avec la Russie. Trump avait depuis regretté d’avoir pris cette décision. La première Administration Trump avait été marquée par des changements incessants à la Maison-Blanche, et quatre conseillers à la sécurité nationale, l’un des plus proches collaborateurs du président, s’étaient succédé à ce poste.
La disgrâce de Waltz était apparue ces dernières semaines quand Trump avait limogé sans son accord une partie de ses collaborateurs au sein du Conseil à la sécurité nationale, après qu’une activiste d’extrême droite, Laura Loomer, les avait dénoncés auprès du président pour leur manque de loyauté. Mardi, Trump avait décollé pour le Michigan où il devait prononcer un grand discours, laissant son conseiller à la sécurité nationale sur le tarmac.
L’adjoint de Waltz, Alex Wong, devrait aussi quitter ses fonctions. Cet autre républicain traditionnel était aussi l’un des membres les plus expérimentés du Conseil à la sécurité nationale. Ce maillon essentiel de la défense américaine, qui conseille directement le président sur les décisions stratégiques, risque de se trouver singulièrement démuni en cas de crise majeure. Steve Witkoff, ami personnel de Trump et l’un de ses partenaires de golf, est, selon plusieurs médias américains, pressenti pour le remplacer. L’homme a fait toute sa carrière dans l’immobilier et ne possède guère d’expérience en matière de sécurité nationale ou des questions de défense.

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