Le ministre de l’Education nationale, Mamadou Talla, a annoncé l’affectation de 8100 nouveaux enseignants cette année pour résorber le déficit en personnels dans les établissements scolaires.
« Ce nombre d’enseignants affectés (…) en une année est historique », a dit M. Talla.
Il s’exprimait, jeudi, lors de la cérémonie officielle de célébration de la Journée nationale de l’éducation des filles, organisée au Centre régional de Formation des Personnels de l’Education (CRFPE) de Fatick.
La cérémonie a enregistré la participation du directeur du Bureau de l’Unesco, à Dakar, Dimitri Sagna, des autorités administratives et des élèves de la région.
« C’est la première fois qu’on injecte autant d’enseignants en une année dans le système éducatif national », a déclaré le ministre de l’Education nationale.
« Parmi ces nouveaux enseignants, il y a 5000 enseignants affectés, plus de 2500 enseignants issus des écoles de formation et 600 enseignants venus de la Faculté des Sciences et Technologies de l’Education et de la Formation (FASTEF) », a-t-il précisé.
Mamadou Talla a assuré que toutes les demandes des inspections d’académie en instituteurs, professeurs du moyen, du secondaire, de daaras modernes, ou encore en franco arabes, ont été satisfaites.
Pendant ce temps, a-t-il signalé, d’autres enseignants sont encore en formation dans les CRFPE.
Il a également rappelé que depuis trois ans le ministère injecte chaque année entre 2500 et 3000 enseignants sortis des écoles de formation dans le système éducatif.
Ces efforts de l’Etat pour résorber le déficit d’enseignants sont liés aux flux importants de nouveaux élèves enregistrés tous les ans dans les écoles, a expliqué le ministre.
« Chaque année, nous enregistrons près de 457 000 nouveaux élèves qui arrivent dans nos établissements », a-t-il indiqué, évoquant aussi une demande en table-bancs, en enseignants, en construction de salles de classe, d’abris provisoires à résorber ».
De même, il a fait part de « 50.000 mètres de linéaires de mur à réaliser, 1100 blocs d’hygiène et 602 blocs administratifs, 1525 abris provisoires à remplacer’’.
L’occasion a permis aux jeunes filles de la région de remettre le mémorandum à Mamadou TALLA dans le quel on peut noter que « la scolarisation des filles a longtemps été reléguée au second plan dans les politiques éducatives du Sénégal. Jusqu’à une époque récente, entre 2000 et 2004, environ 50% des filles seulemen
Et Mademoiselle Ndèye Fatou DIOP d’interpeller le ministre « ce n’est pas le fruit du hasard, si votre choix a été porté sur Fatick pour abriter la cérémonie officielle de
Poursuivant, la jeune fille porte parole de ses paires de Fatick renchérit « l’avenir de notre pays ne peut pas se construire sans nous les filles et c’est pourquoi il est essentiel que nous soyons bien éduquées,dans le respect de nos droits, afin de contribuer significativement à faire du Sénégal un pays économiquement prospère. Sachez qu’une fille privée d’école a trois fois plus de risque d’être mariée avant ses 18 ans et devenir une mère trop jeune.. Les filles méritent plus de protection dans les espaces scolaires, contre les fléaux qui gangrènent leur cursus scolaire et en première ligne : la pauvreté, les mariages forcés, les grossesses précoces, souvent issues du viol et d’agressions sexuelles ».
Ces dernières années, informe t-elle « le nombre de grossesses enregistrées dans notre espace scolaire a atteint des proportions tout simplement alarmantes. La pauvreté ainsi que la vulnérabilité de la gente féminine ont contribué davantage à saper les efforts de maintien des filles à l’école dans certaines parties du pays.Nombreuses encore, sont nos camarades qui ont vu leur rêve de continuer leurs études brisé par les mariages précoces, dans lesquels elles sont parfois embarquées sans leur consentement. Nombreuses autres freinées par les distances éloignées qu’elles parcourent au quotidien, pour accéder à leurs écoles et par des maladies chroniques traînées« .
Pour terminer , la jeune fille très sereine interpelle l’Etat « nous souhaiterions, qu’à l’issue de cette journée, un programme spécial de suivi des filles ayant, pour l’instant, abandonné les études à cause de grossesses, de mariage précoce, soit mis en place. Sans suivi, l’éducation décès filles vulnérables risque d’être compromise et nous lançons un appel ici, à Fatick aux acteurs de l’éducation, ainsi qu’à la société civile ».
« Nous jeunes filles de Fatick, portons la voix de toutes les filles du pays, exigeons à ce que les stratégies pour nous maintenir à l’école prennent en compte l’accès aux filières scientifiques et techniques ainsi que notre santé ».

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