FATICK / conférences des ados-jeunes et PRT en situation de handicap sur les questions de SR/VBG/VIH avec l’appui du personnel de santé: les adolescentes sensibilisées à fréquenter les sages femmes

La section régionale du groupe d’études pour l’enseignement de la population (GEEP) avec son coordonnateur régional Serigne Sarr a organisé hier une conférence des ados-jeunes et PRT en situation de handicap sur les questions de SR/VBG/VIH au collège d’enseignement moyen khar ndoffene DIOUF dans la commune de Fatick. Avec l’appui du personnel de santé, cent (100) élèves dont cinquante (50) garçons et cinquante (50) filles et plus particulièrement des élèves handicapés ou en situation de handicap sont sensibilisées sur les dangers des grossesses précoces et sont appelées à fréquenter les sages femmes.

Selon les spécialistes l’adolescence est une période où de nombreux adolescent-e-s-/jeunes commencent à explorer leur sexualité. C’est une étape unique du développement humain, avec des comportements à risque tels que la consommation des drogues, de l’alcool, les rapports sexuels non protégés et un moment important pour poser les fondations d’une bonne santé. Alors qu’un nombre croissant d’adolescent-e-s/jeunes entrent dans la période procréative de leur vie, ils auront considérablement besoin de services élargis de santé sexuelle et reproductive. Par conséquent, l’accès aux services de santé sexuelle et reproductive et à l’information dans ce domaine revêt une importance croissante. Cependant, dans de nombreuses situations, leur âge et leur statut social et économique mais surtout Leur vulnérabilité liée à leur handicap limite leur accès à ces services et informations. C’est ce qu’a compris le GEEP par la tenue de cette rencontre entre la jeunesse et le personnel de santé au collège Khar Ndoffene DIOUF de Fatick.

Serigne Sarr justifie l’importance de la conférence avec les élèves. Selon lui « la santé de la reproduction des jeunes, notamment des adolescent-e-s en milieu scolaire, constitue une des préoccupations majeures pour les familles, la société, les pouvoirs publics et les organisations de la société civile œuvrant pour la promotion et le respect des droits de la personne et la continuité de l’éducation des filles ».

Serigne Sarr d’ajouter devant la foule d’adolescents que « Le manque d’information en matière de SR/VIH et d’accès à des services de SR augmente leur vulnérabilité et entraine de sérieuses conséquences sur la santé et le développement des adolescent-e-s en général et des jeunes filles en particulier. Beaucoup d’adolescent-e-s ne bénéficient vraisemblablement d’aucune éducation à la santé de la reproduction dans l’espace familial, ni à l’école et sans doute peu d’établissements scolaires abordent le sujet ».

La nouveauté pour le GEEP est le clin d’œil fait aux personnes en situation de handicap. Sur ce sujet Dr Al Hassane Ly infirmier chef de poste de Darou Salam un quartier de la ville de Fatick précise et averti « Les comportements sexuels à risques tels que l’initiation précoce de l’activité sexuelle, les multiples partenaires sexuels, les relations sexuelles intergénérationnelles et l’utilisation incohérente ou incorrecte des préservatifs et des contraceptifs, augmentent le risque des IST et du VIH et des grossesses non désirées surtout avec les personnes en situation de handicap ».

A en croire le document du GEEP remis à la presse « Au Sénégal les personnes handicapées ou en situation de handicap sont discriminées, marginalisées et en grande vulnérabilité. Cet état est accentué par les difficultés et ou le refus des familles à leur consacrer des ressources financières et du temps ».

On considère comme handicapée ou en situation de handicaptoute personne dont l’intégrité physique ou mentale est passagèrement ou définitivement diminuée, soit congénitalement, soit sous l’effet de l’âge ou d’un accident, en sorte que son autonomie, son aptitude à fréquenter l’école ou à occuper un emploi s’en trouvent compromises. EIles sont confrontées à beaucoup d’obstacles comme les problèmes de mobilité, d’accès aux services publics ou à l’emploi ce qui contribue à altérer la qualité de vie des personnes handicapées jeunes ou plus vieillissantes lorsqu’elles ne sont pas prises en charge de manière efficace.

Les besoins spécifiques des personnes handicapées ou en situation de handicap en matière de santé de la reproduction, de violences basées sur le genre et du VIH ne sont pas toujours pris en compte à cause de leur vulnérabilité surtout celles issues du milieu scolaire.

« Concernant le VIH, la prévalence au niveau national est de 0,31 % chez les 15-49 ans. Quant aux nouvelles infections, elles touchent 14,4% en 2022 des adolescent-e-s de 15-24 ans. Ces nouvelles infections ont légèrement augmenté passant de 14, 3% à 14,4% entre 2021 et 2022 »révèle le GEEP.

Chez les personnes handicapées, la prévalence du VIH est de 1,9 %. Les femmes ont une prévalence beaucoup plus élevée que les hommes soit 2,5 % contre 1,3 % (ENSC, 2015). La répartition selon certains types d’handicap montre que les personnes présentant une incapacité intellectuelle ont une prévalence de 7,7 %, suivi des personnes ayant des incapacités multiples ou une incapacité physique soit respectivement 3,5 % et 1,7 % (ENSC, 2015). Selon cette enquête, ce taux s’explique par le fait que les femmes ayant une incapacité intellectuelle sont souvent victimes de viols.

L’accès aux services de promotion de la santé et l’offre de soins appropriés reste fondamental pour que les adolescent(e)s et les jeunes puissent prendre conscience de leurs droits à la santé, y compris leur santé de la reproduction. Des actions coordonnées menées en milieu scolaire, contribuent à l’amélioration des connaissances sur la santé de la reproduction et la prévention du VIH et des IST (CNLS rapport 2022).

Sur la relance des activités de sensibilisation, Serigne Sarr explique la vision de la structure qu’il coordonne a Fatick « Ces constats ont amené le GEEP a organisé des activités d’information et de formation des membres des clubs Education à la Vie Familiale (EVF) qui sont des espaces d’échange, de partage d’expériences pour un changement de comportement. Les thématiques abordées sont la promotion de la santé de la reproduction chez les adolescent-e-s, la prévention de la sexualité précoce, les VBG et la lutte contre le VIH ».

 

Parmi ces activités, on peut noter des conférences sur la santé de la reproduction, les VBG et le VIH avec la participation des ados/jeunes en situation de handicap, qui seront facilitées par le personnel de santé.

Ces conférences vont mettre l’accent sur le partage d’information sur la promotion de la SR, la prévention des VBG, du VIH, à travers la sensibilisation auprès de leurs pair-e-s et dans la communauté à Dakar et dans les régions avec l’appui du personnel de santé.

Sur la pertinence des activités du GEEP, Serigne Sarr est formel « Organiser des conférences avec les LEA des clubs EVF et les autres élèves de l’établissement dans le cadre de la sensibilisation sur la santé de la reproduction, les violences basées sur le genre et le VIH et avec l’appui du personnel de sante.

Il s’agira selon le professeur de mathématiques et de sciences de la vie et de la terre de renforcer leurs connaissances sur les notions liées à la SRAJ afin de sensibiliser et d’accompagner les personnes en situation de handicap, de renforcer leurs connaissances sur les violences basées sur le genre afin de sensibiliser et d’accompagner les personnes en situation de handicap et également leurs connaissances sur les le VIH, les moyens de prévention et les conséquences ».
On entend par santé de la reproduction le bien-être général tant physique que mental et social de la personne humaine pour tout ce qui concerne l’appareil génital, ses fonctions et son fonctionnement et non pas seulement l’absence de maladies ou d’infirmité. La définition de la santé de la santé de la reproduction comprend également la santé sexuelle, dont le but est l’amélioration de la vie et des relations personnelles, et non pas seulement à dispenser des conseils et soins liés à la reproduction et aux maladies sexuellement transmissibles. La santé sexuelle implique le respect, la sécurité et l’absence de discrimination et de violence. Et dans la santé de la reproduction on a les grossesses précoces, la contraception, les avortements à risque, la prévention et les soins contre les IST et la santé maternelle.

Quant au VIH c’est une infection qui attaque le système immunitaire de l’organisme en particulier les globules blancs. Les différentes modes de transmissions seront aussi abordés à savoir l’infection par le sang d’une personne infectée à une autre, transmission mère-enfant par le sang ou le lait maternelle et le sperme ou les sécrétions vaginales lors des rapports sexuels non protégés.

Pour Serigne Sarr « Ces causeries éducatives permettront de renforcer les capacités des adolescent-e-s et PRT membres des clubs EVF sur les notions de SRAJ, les violences basées sur le genre, de prévenir les comportements sexuels à risque, les méthodes et moyens de prévention mais aussi les conséquences liées au VIH pour sensibiliser et accompagner à leur tour les personnes en situation de handicap en milieu scolaire et communautaire ».

Au collège khar ndoffene Diouf au sein de la grande salle du centre de documentation informatique, l’approche a été essentiellement participative à travers des échanges et des partages d’informations, des récits de vie ou témoignages des victimes sur la qualité de vie des personnes handicapées et en situation de handicap. La conférence offrira aux participant-e-s une meilleure connaissance des besoins spécifiques des personnes handicapées à savoir l’accès à l’éducation (égalité des chances), à l’emploi, aux services publics et à l’information sur les questions de santé.


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