La CEDEAO met
la pression sur la Cour Suprême de la Guinée-Bissau. Le président de la
Commission de l’organisation régionale ouest-africaine, Jean Claude
Kassi Brou a révélé hier à Addis-Abéba que les chefs d’Etat de la CEDEAO
ont demandé à la Cour Suprême du pays cité de se prononcer sur le
contentieux électoral du pays avant le 15 février courant. Il confie que
les chefs d’Etat ont longuement examiné la situation en Guinée-Bissau
avant de demander à la Cour Suprême de se pencher rapidement sur ce
dossier conformément aux dispositions constitutionnelles de la
Guinée-Bissau avant le 15 février. Il s’adressait aux journalistes à
l’issue d’une réunion qui a duré plusieurs heures d’horloge, tenue en
marge du Sommet de l’Union africaine actuellement en cours dans la
capitale éthiopienne. Selon une source sur place, cette réunion a été
initiée pour examiner le point lié à l’impasse électorale qui prévaut en
Guinée-Bissau, après le second tour de la présidentielle du 29 décembre
à l’issu duquel Umaro Sissoco Embalo du Madem-G15 a été déclaré
vainqueur par la commission nationale électorale (CNE) avec 53,55 % des
suffrages contre 47,45 % pour son adversaire Domingos Simöes Preira du
PAIGC. Mais aussitôt, après la proclamation des résultats, le PAIGC a
introduit un recours, arguant qu’il y a eu des irrégularités qui ont
profité à Embalo. Après avoir examiné ces recours, cette juridiction les
avais rejetés et a ordonné à la publication officielle des résultats
préalablement annoncés par la CNE. Mais peut-être par soucis de
préserver la paix encore très fragile dans le pays, la CEDEAO entrera
dans la danse en y envoyant une commission pour jouer le rôle d’arbitre
qui ne dit pas son nom. Celle-ci demandera, à son tour, le recomptage de
tous les procès verbaux du scrutin sous sa présidence en présence de
représentants des deux candidats. Et l’issue de ce nouveau comptage, le
résultat proclamé par la CNE est resté le même, c’est à dire il a
confirmé la victoire de Embalo. Et tout laissait croire que cette
fois-ci, le débat sera clos et que le nouveau président sera investi à
la tête de la Guinée-Bissau. Mais, c’était sans compter sur la
détermination du PAIGC qui n’entend pas se résigner. Ce parti a
introduit à nouveau un recours au niveau de la Cour Suprême pour
demander des réparations d’irrégularités. Et depuis lors, la juridiction
suprême de la Guinée-Bissau n’a pas donné son avis par rapport à ça.
C’est peut-être ce silence qui intrigue les chefs d’Etat de la CEDEAO
qui veulent tourner cette page électorale en Guinée-Bissau. En tous cas,
Jean Claude Kassi Brou a précisé que tous les pays de la CEDEAO étaient
représentés à la rencontre de ce lundi pour peut-être montré
l’importance de la question aux yeux de l’ensemble des chefs d’Etat de
l’organisation.
»Tous les pays étaient représentés. La discussion a
été très longue et importante et je pense que cette décision nous
permettra d’aller de l’avant, dans le but de parvenir rapidement à une
normalisation institutionnelle et politique de la Guinée-Bissau »,
a-t-il relevé, soulignant qu’une déclaration sera rendue publique par
l’organisation pour donner beaucoup plus de détails sur cette rencontre.
À
noter par ailleurs que les partisans de Umaro Sissoco Embalo annoncent
déjà qu’il sera investi le 19 de ce mois à la tête de la Guinée-Bissau.
Des sources sur place à Bissau indiquent que les préparatifs vont bon
train parce qu’ils entendent fêter cette investiture à grande pompe.
Mamadou Alpha Diallo (infos15.com)

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