Après bien des débats, « la loi de garantie intégrale de liberté sexuelle » a été adoptée, par 205 contre 141 (et trois abstentions), à la chambre des députés jeudi 25 août. Le texte avait été approuvé par la chambre basse du Parlement en première lecture en mai, mais le Sénat avait introduit une modification qui a rendu nécessaire un nouveau vote.
« Si, es si. » « Oui, c’est oui. » C’est le slogan proclamé en Espagne par les féministes pour définir le consentement en vue d’une relation sexuelle, et c’est aussi la formule qui résume bien le point le plus crucial de la nouvelle législation, rapporte notre correspondant à Madrid, François Musseau. Réformant le Code pénal, il fait du « consentement » un élément central devant être « manifesté librement par des actes qui (…) expriment de manière claire la volonté de la personne ».
Jusqu’ici, en cas de violence sexuelle, la victime femme devait démontrer que l’agresseur était dans son tort. Désormais, s’il n’y a pas eu de consentement explicite, l’agression sera définie comme un viol, pur et simple, et non pas comme un abus sexuel, pénalement moins lourd.
« Une grande victoire »
Dès qu’une femme sera agressée, elle pourra contacter l’un de ces nouveaux centres de crise, où elle sera prise en charge par des médecins et des psychologues, puis, éventuellement, en cas de suite judiciaire, elle sera assistée par un avocat. Quelque 66 millions d’euros de fonds européens vont être débloqués pour financer 50 centres de crise -un par province- afin d’aider les femmes en difficulté. « C’est une grande victoire », a réagi la secrétaire à l’Égalité du parti socialiste au pouvoir, Andrea Fernandez.
Les féministes savourent leur victoire 6 ans après un viol collectif à Pampelune en juillet 2016. L’affaire dite de « La Meute » est restée tristement célèbre : une jeune fille de 18 ans avait été agressée par un groupe de cinq hommes. Dans cette affaire, tout le débat avait tourné autour du consentement, car la victime n’aurait pas exprimé un « non » clair et net. Dorénavant, pour qu’il n’y ait pas viol, il faudra qu’un « oui » clair et net soit manifesté.

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