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Sans expliciter s’il était sérieux, le président américain a affirmé à la foule que le dépistage était « une arme à double tranchant ».
En pleine pandémie de coronavirus, Donald Trump, qui avait réservé une salle de 20 000 personnes, n’a pas fait le plein. L’actuel président américain et candidat à sa réélection a défié le virus samedi soir en organisant son premier meeting post-confinement dans une salle fermée à Tulsa, en Oklahoma, alors que le virus circule toujours aux Etats-Unis.
Le chef d’Etat américain a loué dans son discours les « guerriers » venus l’écouter. « Je veux vous remercier, vous êtes des guerriers », a-t-il lancé, dénonçant les « Fake News » qui, selon lui, ne font que marteler des messages « négatifs ». Quelques minutes plus tôt, son équipe de campagne avait reconnu que l’affluence n’était pas à la hauteur de ses attentes, dénonçant l’attitude de « manifestants radicaux » et « une semaine de couverture médiatique apocalyptique ».
« Ralentissez le dépistage »
Devant les partisans enthousiastes de Tulsa, qui ont eu l’obligation, pour pénétrer dans la salle, de s’engager par écrit à ne pas le poursuivre en justice s’ils y contractaient le virus, il a appelé à moins dépister les cas de coronavirus. Il a ainsi demandé à ses autorités sanitaires de ralentir le rythme du dépistage du Covid-19 parce que cela provoquait une augmentation du nombre de cas détectés aux Etats-Unis, le pays le plus endeuillé du monde par la pandémie. Votre soutien est indispensable. Abonnez-vous pour 1€ Nous soutenir
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Sans expliciter s’il était sérieux, le président américain a affirmé à la foule que le dépistage était « une arme à double tranchant ». « Voilà le mauvais côté : quand on fait ce volume de dépistage, on trouve plus de gens, on trouve plus de cas », a-t-il poursuivi lors de ce premier meeting organisé pendant la pandémie aux Etats-Unis. « Alors j’ai dit à mon équipe ‘Ralentissez le dépistage’. Ils font des tests, et des tests… », a ajouté Donald Trump, dont la gestion de la crise sanitaire aux Etats-Unis est largement critiquée. « Il plaisantait évidemment pour dénoncer la couverture médiatique absurde », a ensuite indiqué un responsable de la Maison Blanche, sous couvert d’anonymat.
Trump assure être en bonne santé
Le président américain Donald Trump a assuré par ailleurs qu’il était en bonne santé, revenant longuement sur une cérémonie au cours de laquelle il avait semblé donner des signes de fatigue. « S’il y a un problème, je vous le dirai », a-t-il lancé. « Il y a quelque chose qui ne va pas concernant (Joe) Biden, ça je peux vous le dire », a ajouté le président de 74 ans, évoquant son adversaire démocrate, âgé lui de 77 ans, pour l’élection présidentielle du 3 novembre.
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Les spéculations sur son état de santé avaient été alimentées lorsqu’il avait effectué en novembre une mystérieuse visite à un hôpital militaire près de Washington, en dehors du calendrier habituel. Samedi, six membres de son équipe de campagne ont été testés positifs au Covid-19 et placés en quarantaine quelques heures avant ce rassemblement.
Le 13 juin, Donald Trump avait tenu, malgré la pandémie, à venir saluer la promotion 2020 de la prestigieuse académie militaire de West Point, près de New York. Invité à quitter la scène après s’être adressé aux futures élites de l’armée américaine, il avait semblé connaître quelques difficultés sur la rampe d’accès, descendue à petits pas précautionneux. Des médias avaient également relevé qu’il avait eu besoin de ses deux mains, au milieu du même discours, pour porter un verre d’eau à ses lèvres.
Refaisant la scène, mimant sa démarche, buvant son verre d’un geste ferme devant ses milliers de partisans qui l’applaudissaient, le président des Etats-Unis s’est lancé samedi dans une curieuse parenthèse en plein milieu de son discours très attendu à Tulsa.

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