Ancienne secrétaire d’administration à la gouvernance de Kaolack, Mme Ndiouck Mbaye est la première et jusque-là, la dernière femme à être Chef de Cabinet de gouverneur de région au Sénégal. C’est de cette station que tout a changé pour elle, car c’est grâce à ce poste qu’elle a pu observer certaines inégalités sociales auxquelles il fallait remédier à tout prix à défaut de les rééquilibrer.
Poussée par la volonté d’agir, « Mère Ndiouck », comme l’appellent affectueusement la plupart de ses proches collaboratrices, a mis sur pied, en 1998, la Fédération nationale des Femmes rurales du Sénégal (FNFRS). Et cela, bien après son arrivée à la Fédération des associations féminines du Sénégal (FAFS), en 1993, soit six (6) ans après sa création. Mais il faut dire que Ndiouck Mbaye était déjà active dans des groupements et organisations des femmes au plan local.
Secrétaire générale de l’Union des regroupements des femmes de Kaolack en 1985, elle devient présidente de ladite organisation, jusqu’à la création de la FNFRS. En 2002, elle ajoutait, à côté de la FNFRS, le Mouvement International pour un Sénégal Entreprenant (MISE). Certes une trajectoire riche au service de la solidarité et du social et surtout la défense des femmes rurales, mais qui n’a guère surpris ceux qui connaissent Ndiouck MBaye et qui l’ont vu grandir sous le toit d’un père syndicaliste de renom, Amadou Mbaye Lindor.
D’ailleurs, c’est sous l’influence de ce dernier qu’elle intégra l’Union nationale des travailleurs du Sénégal (UNTS Orthodoxe) qui deviendra plus tard la Confédération nationale des travailleurs du Sénégal (CNTS). Et cela dès le bas âge. Aujourd’hui, après 27 ans de rudes combats, pour restituer à la femme rurale ses droits les plus absolus, « Mère Ndiouck » n’est pas prête à baisser les armes. Son organisation, la FNFRS, compte 302.000 membres y compris des adhérentes d’origine gambienne, mauritanienne, qui veulent s’inspirer de son modèle et de celui de l’antenne de Paris dont Matty Diouf est la coordonnatrice.
Septuagénaire et franche, cette battante n’a pas failli à sa mission. Celle d’appuyer, de soutenir les femmes rurales pour leurs accès à la terre, aux semences et intrants, mais surtout au matériel agricole lourd que les femmes des terroirs louent aujourd’hui à 25 voire 50.000 FCFA pour travailler la terre. Il lui est arrivé, face à son refus de perdre un combat de vendre deux maisons pour soutenir ses sœurs du monde rural. Sa maison familiale, sise en plein cœur du quartier de Léona de Kaolack, est un refuge ou un pied-à-terre pour les villageoises. Et, grâce à l’appui de ses partenaires, elle a réussi à forer de nombreux puits dans les villages, à construire des structures de santé et d’autres infrastructures socioéconomiques pour alléger en partie la souffrance de ces dames trop souvent laissées oubliées.
Abdoulaye FALL

Laisser un commentaire