Symposium international : « la démocratie au féminin » : Intellectuels et militants rendent hommage à Fatou Sow, une pionnière du féminisme africain

Le Musée des Civilisations Noires (MCN) a accueilli, jeudi dernier, un important symposium international sur le genre, intitulé La Démocratie au Féminin, en hommage à la sociologue Fatou Sow, pionnière du féminisme au Sénégal. L’événement a rassemblé des intellectuels, militants et décideurs venus d’Afrique, d’Europe et des Amériques, autour des enjeux liés à l’égalité des genres et aux défis encore à relever.

Le professeur Mamadou Diouf (Columbia University), dans une allocution marquante, a retracé le parcours de Fatou Sow, saluant sa double posture d’intellectuelle et de militante. Il a rappelé qu’elle a d’abord analysé la construction de l’administration sénégalaise post-indépendance, avant de devenir une figure incontournable de la critique des systèmes patriarcaux. Ses travaux sur les violences conjugales, les discriminations religieuses et les normes culturelles ont profondément marqué les luttes féministes africaines.

Très émue, Fatou Sow a pris la parole pour évoquer son combat. “Il y a quarante ans, organiser un colloque féministe à l’Université de Dakar relevait de l’acte de résistance. Aujourd’hui, se dire féministe est plus accepté, mais les résistances demeurent”, a-t-elle confié. Elle a dénoncé les freins structurels, citant l’exemple de Touba, où des femmes ont été écartées des listes électorales malgré la loi sur la parité.

Les échanges ont été nourris par des panels thématiques, animés par des spécialistes venus de plusieurs continents.
Le premier, Féminisme et Transformations Sociales, a mis en lumière le poids des traditions et des religions dans la perpétuation de la domination masculine.
Le second, Démocratie et Parité, a relevé les écarts entre la législation et son application, malgré des avancées comme la progression du nombre de femmes députées (44 % en 2014, contre 22 % auparavant).
Un autre panel, Éducation et Émancipation, a souligné que la scolarisation jusqu’à 15 ans freine la natalité et renforce l’autonomie féminine, un argument central dans les travaux de Fatou Sow.

LAMINE DIEDHIOU


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