Une exposition rend hommage à Abdou Fary Faye en mai – le soleil

Dans le cadre de la quatorzième édition de la Biennale de l’art africain contemporain de Dakar (19 mai-21 juin), une exposition intitulée « Abdou Fary Faye, Mémoires photographiques des Arts et de la Culture » est prévue en hommage au photographe Abdou Fary Faye. Cet artiste majestueux constitue, à travers ses clichés, une partie de la mémoire culturelle sénégalaise. 

Balayé par l’ingratitude de l’oubli, l’artiste Abdou Fary Faye semble disparaître de la mémoire de beaucoup de Sénégalais. Pourtant, ce photographe de talent est « un de ces personnages incontournables de la scène culturelle sénégalaise des indépendances aux années 80 ». Dans le cadre de la Biennale de l’art africain contemporain de Dakar (Dak’Art), prévue du 19 mai au 21 juin, une exposition sera ouverte en hommage à ce grand nom de la culture sénégalaise. Intitulée « Abdou Fary Faye, Mémoires photographiques des Arts et de la Culture », elle est une célébration d’un homme qui aura été « un de ces points de rencontres des arts et des gens de culture d’une époque riche en événements, réflexions et productions ». D’après le document de présentation de ce projet d’exposition, Abdou Fary Faye a participé à la création de beaucoup d’œuvres majeures sénégalaises de son époque, dans des disciplines aussi variées que le théâtre, la danse, le cinéma ou dans les arts visuels.

Enfant de la Médina, il s’essaya au dessin et au calquage au Bureau de recherches géologiques et minières de Dakar avant de commencer sa formation en photo à la Maison des jeunes avec Pierre Dasau et Paulin Soumanou Vieyra. En 1964, il entre au Centre culturel français au Service audiovisuel où il deviendra quelques années plus tard, à son tour, formateur. « Cette exposition entend, au-delà de l’hommage à Abdou Fary Faye, raviver les mémoires de cette époque à travers le prisme de ses archives et de son parcours. Elle permettra de retrouver ces personnes illustres et moins connus de la scène artistique sénégalaise, d’interroger certains faits, intentions, productions de l’époque, en dessinant ce Dakar impertinent des indépendances », apprend-on dans le document de présentation.

Mémoire vivante 

D’après celui-ci, le photographe, mémoire vivante des arts sénégalais, était reconnu pour son œil averti et professionnel de photographe, apportant une touche majeure à ces œuvres d’époque. « Au croisement des mondes artistiques, mais aussi géographiques, Abdou Fary Faye est un de ces points de rencontres des arts et des gens de culture d’une époque riche en événements, réflexions et productions. Il s’investit dans la formation et l’éducation à l’image, en créant notamment un ciné-club. Il est aussi un acteur indispensable des productions d’envergure sur le territoire national et à l’étranger », souligne le document.

La photographie d’Abdou Fary Faye reflétait le « cœur de la scène artistique sénégalaise ». Une narration de la vie artistique sous le magistère du premier président de la République du Sénégal indépendant, Léopold Sédar Senghor, avec notamment un zoom sur le cinéma, la danse, la littérature et les arts plastiques. Mais également le premier Festival mondial des arts nègres. Cet éminent photographe est à l’origine de beaucoup de réalisations cinématographiques et tournage de film en qualité de caméraman. Il s’agit, entre autres, « Diankha-Bi » de M. Johnson Traoré – Grand Prix du Festival de Dinard 1969, « La Malle de Maka Kouly » de Momar Thiam, « Simb Ou Jeu De Faux-Lion » du même auteur ou encore « Le Sable » de Moussa Bathily.

Cette exposition, qui s’inscrit dans le cadre de la programmation « Off » du Dak’Art, est à l’initiative du Fonds d’archives africain pour la sauvegarde des mémoires, présidé par Ghaël Samb Sall. Elle aura lieu le 27 mai à la Mairie de Dakar.

Ibrahima BA


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