« Les Niang : origine, histoire et héritage » : tel était le thème du symposium tenu ce week-end à la Place du souvenir à Dakar, rassemblant chercheurs, généalogistes, historiens et membres de la grande famille Niang venus du Sénégal, de la sous-région ouest africaine et de la diaspora.
Cette rencontre avait pour ambition de revisiter l’origine du patronyme Niang, retracer son évolution à travers les siècles et rétablir les liens de parenté souvent effacés par le temps, les migrations et les transformations sociales. « Un document de 380 pages a été produit à cet effet pour démontrer les liens de parenté entre les noms de famille Niang », a souligné le coordonnateur général du comité de pilotage, le Pr Mamadou Niang. Un des spécialistes des lignages sénégalais a retracé l’origine du nom Niang, attribué à plusieurs branches ethniques, notamment sérères, toucouleurs et wolofs. Selon les recherches présentées, le nom serait issu d’une racine antique désignant un trait de noblesse ou de bravoure, porté à l’origine par des guerriers ou guides spirituels dans les royaumes du Tékrour et du Djolof. A travers les cartes anciennes et récits oraux recueillis au fil des décennies, les chercheurs ont démontré comment les Niang se sont implantés dans diverses régions du Sénégal, du Fouta au Baol, avant de s’étendre vers la Gambie, le Mali, la Mauritanie, et plus tard vers la France, les Etats Unis et le Canada. « Rétablir les liens, c’est aussi guérir une mémoire dispersée », a-t-on souligné évoquant les conséquences de l’esclavage, des guerres et des mouvements migratoires qui ont contribué à la fragmentation des lignées.
S’agissant des figures célébrées, le symposium a également été l’occasion de rendre hommage à plusieurs personnalités portant le nom Niang et qui ont marqué de leur empreinte l’histoire du Sénégal, politiciens, sportifs, religieux, artistes et intellectuels. Leurs parcours ont illustré la diversité des héritages et l’ancrage profond de ce nom dans les sphères de l’influence nationale et internationale. « Notre nom n’est pas qu’un héritage, c’est une responsabilité. Il est temps de rassembler notre mémoire et de l’inscrire dans l’histoire collective », a relevé le Pr Mamadou Niang tout en faisant savoir que les informations qui découleront de cette rencontre seront mises à la disposition du public via internet pour permettre à la postérité de s’approprier leur histoire. Pour cause, relève-t-on, « celui qui ignore son histoire perd son identité ».
LAMINE DIEDHIOU

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