La région de Sédhiou traverse toujours des contraintes liées à l’occupation des sols surtout en milieu rural. Elles mettent aux prises les agriculteurs, les éleveurs et les acteurs de la forêt. La mise en cohérence de ces différentes activités dans les mêmes terroirs se heurte à la volonté de chaque acteur de s’affirmer aux dépens de l’autre. Ainsi apparaissent des conflits entre éleveurs et agriculteurs. Le voleur comme un troisième larron guette le moindre manque de vigilance pour se mettre à l’œuvre. Et le vent de vendetta qui souffle ensuite pollue les relations de voisinage.
L’agro-sylvo-pastoralisme est une articulation savante entre les productions de l’élevage extensif pratiqué sur des pâturages, l’agriculture et les activités de foresterie. Mais bien souvent, la pratique de ces trois activités pose un sérieux problème de cohabitation sur fond de conflit lié à la délimitation et à l’occupation de l’espace. Et malgré le vote de la loi d’orientation en mai 2004 suivi de la promulgation en juin de la même année, des contraintes majeures demeurent au sujet de l’occupation des sols. En fin de semaine dernière, la section sénégalaise de Amnesty international a organisé une session de formation à Bounkiling dans le sillage de la prévention des conflits liés au foncier.
A cette occasion, le chef du service départemental de l’élevage de Bounkiling, Moussa Diémé, est largement revenu sur cet aspect : « la loi 64-46, décret 64-573 du 30 juillet 1964 a été rendue publique pour qu’on puisse savoir avec exactitude l’application de la loi 64. Au niveau de l’article 2, cela a été défini et c’est ce qu’on appelle les terroirs. Ceux-ci sont composés des zones d’habitation, les zones de pâturage et les zones de culture. Et c’est ce qu’on appelle aujourd’hui les plans d’occupation et d’aménagement des sols (POAS). Et si tout le monde le comprenait ainsi, cela allait régler les problèmes de conflits en milieu rural », explique Moussa Diémé.
La mobilité du bétail dont le parcours enjambe souvent les zones de culture entraine également des conflits ouverts entre éleveurs et agriculteurs. C’est aussi un service continu pour les voleurs notamment en zone de frontière qui profitent de la divagation des animaux pour en subtiliser autant qu’ils peuvent en emporter. Le lot de frustrations qui en découlent explique hélas des scènes de représailles avec mort d’homme et une cohabitation difficile par endroit. D’où l’urgence d’y apporter une solution définitive avec célérité et sérénité requise.
MOUSSA DRAME

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